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POINT HEBDO-Kevin Warsh, l'Otan et le pétrole devraient tenir en haleine les marchés
information fournie par Reuters 03/07/2026 à 13:17

Au cours de la semaine qui débute, les publications d'indicateurs économiques se résumeront à une peau de chagrin et aucune décision majeure sur les taux directeurs n'est à prévoir, tandis que la saison des résultats aura à peine commencé.

Une réunion de l'Otan aux enjeux importants, le premier compte rendu de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) présidée par Kevin Warsh, ainsi que la volatilité des cours pétroliers devraient cependant tenir en haleine les marchés.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:

1/ À LA RECHERCHE D'INDICES

Les investisseurs seront à l'affût cette semaine de signes sur l'évolution de la trajectoire des taux taux directeurs aux Etats-Unis en analysant notamment les "minutes" de la dernière réunion de la Fed, la première sous la présidence de Kevin Warsh, qui a remplacé Jerome Powell à la tête de la banque centrale américaine.

Le compte-rendu de cette réunion de juin, qui sera publié mercredi, sera examiné à la loupe pour détecter d'éventuelles divisions au sein de la banque centrale et connaître le point de vue des responsables de l'institution sur l'influence des prix de l'énergie, qui ont considérablement baissé ces dernières semaines. La probabilité d'un relèvement des coûts d'emprunt de la Fed s'est renforcée immédiatement après cette réunion, que nombre d'investisseurs ont jugée étonnamment "hawkish" (biais restrictif).

S'exprimant dans le cadre du symposium organisé cette semaine par la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal, Kevin Warsh a lui-même déclaré qu'il s'en tiendrait fermement à l'objectif d'inflation de 2% de la Fed et qu'il "décevrait" tous ceux misant sur une politique monétaire accommodante.

Les marchés disposeront également de premières indications sur la saison des résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis, qui s'annonce cruciale, avec la publication la semaine prochaine des comptes financiers de PepsiCo PEP.O et de Delta Air Lines DAL.N .

2/ L'OTAN AU CENTRE DE LA GÉOPOLITIQUE

La Turquie doit accueillir les 7 et 8 juillet les dirigeants des 32 pays membres de l'Otan, ainsi que d'autres leaders politiques, notamment en provenance du Golfe, pour ce qui s'annonce comme un sommet de deux jours décisif pour cette alliance militaire qui s'effiloche.

Le dernier sommet avait débouché sur un engagement historique selon lequel les pays membres — à l'exception de l'Espagne — consacreraient l'équivalent de 5% de leur PIB à la défense d'ici 2035. Pour ce nouveau sommet, les dirigeants arrivent à Ankara avec la pression de tenir leurs engagements et d'écarter toute nouvelle menace du président américain Donald Trump de se retirer de cette alliance vieille de 77 ans.

Au-delà des discussions financières et des inquiétudes concernant le parapluie de sécurité américain, des annonces pourraient également être faites au sujet de ce qui a été surnommé une "nouvelle banque de l'Otan", défendue par le Premier ministre canadien Mark Carney.

Se pose également une question plus profonde et plus complexe : une alliance fondée sur le consensus peut-elle évoluer à la vitesse désormais nécessaire pour faire face aux défis mondiaux actuels ?

3/ UNE ACCALMIE PRÉCAIRE SUR LE PÉTROLE

Les contrats à terme sur le pétrole LCOc1 sont revenus à leur niveau d'avant le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février. Après avoir atteint en mai leur plus haut niveau depuis quatre ans, avec un Brent à 126 dollars le baril, les contrats à terme sur cette référence se situent désormais juste au-dessus de 70 dollars le baril, à l'issue d'une spirale baissière dont la rapidité a surpris tout le monde.

En 2022, plusieurs semaines après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les contrats à terme sur le Brent à échéance la plus proche se situaient encore à environ 13% au-dessus de leurs niveaux d'avant-guerre, tandis que le prix du brut léger américain (WTI) à livrer dans 12 mois était supérieur de près de 10%.

Les stocks mondiaux ne sont pas au plus bas, mais ils doivent tout de même être reconstitués après des retraits records. Le pétrole circule de nouveau dans le détroit d'Ormuz, mais de manière sporadique. Les sites de production endommagées par la guerre, quant à eux, ne sont pas encore entièrement opérationnels. Les risques d'une nouvelle flambée des cours du brut, que peu de monde semble actuellement prendre en compte, s'accumulent par conséquence. La réunion du groupe Opep+, prévue dimanche, pourrait apporter davantage d'éclaircissements sur la situation.

4/ LE SECTEUR MANUFACTURIER EUROPÉEN EN DIFFICULTÉ

L'aggravation du déficit commercial entre la Chine et l'Union européenne suscite l'inquiétude à Bruxelles, où le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, vient de rencontrer le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao.

Une série de données et d'événements dans les jours à venir permettra de replacer cette situation dans son contexte.

Les chiffres du commerce extérieur allemand et français pour le mois de mai sont attendus, ainsi que ceux de la production industrielle en Allemagne, le moteur économique traditionnel de l'Europe.

La production avait déjà marqué le pas au cours du trimestre clos en avril ; les investisseurs et les responsables politiques seront donc à l'affût du moindre signe indiquant dans quelle mesure l'accord de cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran aurait pu dynamiser le secteur.

L'état de santé du secteur manufacturière en Europe pourra également être observé en analysant la situation chez Volkswagen, qui envisage de fermer quatre usines allemandes et de supprimer jusqu'à 100.000 emplois. Ces projets devraient être discutés lors d'une réunion du conseil de surveillance de VW, prévue le 9 juillet, a rapporté Reuters.

5/ UN RESSERREMENT MONÉTAIRE EN VUE

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande (RBNZ) annoncera mercredi sa décision sur les taux directeurs. Les investisseurs s'attendent à ce qu'elle emboîte le pas à son homologue australienne en relevant ses coûts d'emprunt.

Si certaines sociétés de courtage ont revu à la baisse leurs prévisions de hausse des taux après que le fragile cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran a ramené les cours du pétrole à leurs niveaux d'avant la guerre, l'inflation devrait rester supérieure à la fourchette cible de la RBNZ pendant un certain temps.

Cela renforce les arguments en faveur d'un resserrement de la politique monétaire, même si cela pourrait se faire au prix d'un nouvel affaiblissement du marché du travail.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), la reprise économique en Nouvelle-Zélande a été retardée par un choc des prix du pétrole et une incertitude mondiale accrue.

Ailleurs en Asie, les données sur l'inflation en Chine, en Thaïlande, aux Philippines et à Taïwan, attendues cette semaine, pourraient révéler de nouveaux effets de l'impact de la flambée des prix de l'énergie en lien avec la guerre au Moyen-Orient.

(Rédigé par Rae Wee à Singapour, Lewis Krauskopf à New York, Alun John, Amanda Cooper et Marc Jones à Londres; infographies par Vineet Sachdev; compilé par Amanda Cooper; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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